La gomme bichromatée est un moyen de tirage positif. C’est le résultat de l’exposition par contact sous un négatif aux rayons ultra-violets d’une feuille de papier pour aquarelle recouverte d’une couche de gomme arabique mêlée à un pigment et sensibilisée au bichromate de potassium puis dépouillée à l’eau claire. Les parties insolées correspondant aux grandes transparences du négatif sont insolubilisées par l’action conjuguée de la lumière et du sel sensibilisateur, au contraire les parties protégées par les grandes opacités du cliché disparaîtront au moment du dépouillement dégageant les blancs de l’image, les modulations intermédiaires donnant les demi-teintes.


L’ambition du gommiste est de laisser sur la feuille de papier à dessin qu’il aura choisie une image faite seulement d’un ou plusieurs colorants enfermés dans une fine couche de gomme. Outre le plaisir de la construction de l’image (et d’un négatif adapté) sa contemplation donnera des sensations très différentes de celles procurées par un tirage fait avec l’habituel papier au bromure. La matière, le velouté, le choix des couleurs, les superpositions des couches, confèrent aux oeuvres réalisées selon ce procédé un caractère incomparable. Une vision nouvelle de la Photographie est ainsi proposée au praticien pour peu qu’il ne se décourage pas au début de ses essais. La gomme bichromatée ne se laisse apprivoiser que par l’amateur obstiné. Les premiers résultats s’ils sont quelquefois décevants ne doivent pas décourager, les fabuleuses images offertes par cette technique sont à la mesure des difficultés rencontrées au début.


texte de : Claude LESCURIER